Telle une ombre d’ancien plaisir et de douleur au profond du cœur, nous enserre dans le tissu premier d’une passion forte et décousue, et, se survit aux épreuves de l’amour; Ainsi est  l'obsédante et cruelle Nostalgie. !

Traque sur Internet 

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Tu traques sur Internet l'âme froissée d'un vieux poète,

Tu bois l'encre de sa plume et tu lui vois des ailes,

Blessé, ému, il t'envoie un poème avec trop de zèle,

Nulle caresse, en retour, cruelle, insatiable, muette.

J'attends, en me blessant, juste un encouragement,

Ou, simplement, savoir, qui es-tu, réellement?

Pourquoi, tes yeux fixés sur l'imprudent rêveur,

Ne veulent dévoiler ce que tu as au fond du cœur.

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Soupirs 

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Dans la juste lumière, une femme m'a fait signe de la main
Aux chutes des grands fleuves, l’eau de cascade est claire,
Se baigner dans son onde irisée fut le printemps d’un matin,
Nu, alors, je me jetais dans ses bras et oubliais refrain d’hier.

Sublime apogée, enroulés, dans une source de douceur,
Deux cœurs d’armes, démunis devant l’adversité de la vie,
Se sont liés, hors des limites du monde, pour un pur bonheur
Le tracé de nos larmes de joie avait une couleur indéfinie.

J’ai trouvé refuge au firmament de son harmonie,
Dans son ventre chaud, l’avenir s’appelait désir,
Je voulais lui offrir tout mon amour dans la poésie,
Mais son joli sourire s’est transformé en soupirs.

Saut d'obstacles!

Que puis-je vous écrire, aujourd'hui ?

Un poème, certes mais ne pas le ligoter à la rime

Creusons plus loin dans la fissure de l'imaginaire.

Je suis mon propre fossoyeur. 

J'enterre et déterre des milliers de vers, pourriture excrémenteuse de mon écriture sidérale.

Je décroche des étoiles dans un ciel vide.

Je suis habité d'ombres morbides.

Le souvenir putréfie le visage de l'absence.

L’astre se gonfle de rayons prometteurs,

mais, ici, je ne reçois nulle chaleur.

Pourtant, sur l'autre rive, des cavaliers m'invitent à une ballade nocturne.

J’enfourche une monture de rêve, l'espoir renaît.

Jaillissement d'étonnantes images, l'émotion prend le pas sur le sens et hennit sur la trace de l'amour.

 
L'usure du harnais, je porte dans mes entrailles les marques d'un éperon brûlant.

Désarçonnée, ma poésie essuie la poussière.

Saut d’obstacles, j'interroge l'oracle :

Vole crinière dorée!

L'empreinte de tes sabots,

ce sont ces mots que tu trouves si beau

et ces émotions si galopantes.

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