Je pourrais par des mots colorés réchauffer nos cœurs brûlés, séparés, consumés par la déraison de ma passion.

Et, si je prends le parti de t'écrire cette missive, c'est juste pour te dire, que nous deux, nous avons encore à nous connaître, car s'il faut parfois se perdre pour mieux se retrouver, tu m'as montré, aussi qu'il faut parfois se séparer pour mieux ressentir

l'absence d'une présence.

Je me suis donné pour ne recevoir qu'une partie de moi-même entrevue par la femme que j'aime, et cette partie, hélas était pour toi déjà perdue d'avance. Tu n'y as vu que bruit, fureur, exubérance. Il ne te fut pourtant pas facile de repousser mes avances, partagée entre plaisir et souffrance.

Avant de laisser la nuit ensevelir nos destins, taillée dans l'étoffe de mes rêves, tu concours au devenir de mon univers :

Je t'aime et tu me continues... et si de l'amour, j'ai vécu un trop plein, je t'attendrai, solitaire, assis au bord du

vide.                  

 

J'ai hâte

J’ai hâte de rencontrer la perspective de la mort,

Ces poètes qui m’attendent sur des nuages d’or,

Leur chant s’accouplant pour une nouvelle aurore.

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L'amour ou la passion?

L'amour n'est pas un rocher figé contre vents et marées,
Mais une vague sourde de vibrations et de chaleur,
Et, dans ce miroir luisant de belles profondeurs
Mon coeur épris a bien souvent chaviré.

Je dois vous faire un aveu, l'amour anime mes écrits
Exaltation d'une foi retrouvée dans le reflet de l'autre,
Lorsque l'automne fleurit, j'en deviens le bel apôtre.
Mais si il jaunit, je meurs, comme meurt ma poésie
.

J'avance à reculons, forte la tentation,

Un sourire, une voix qui m'appelle
Sur l'autre rive, c'est bien elle,
Est-ce l'amour ou la passion?

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En exil sur la terre

 

Tes yeux noirs, élevés au cri du secret

D'avoir survécu à ta mort prématurée

Chavirent dans un sommeil prolongé

Enlinceulés d'une forte colère étouffée.

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Repose ta tête, couchée sur l'humanité

En exil sur cette terre, l'aube luisait,

D'un soleil figé, sur ton berceau d'oubliée.

Sépulcre auréolé d'une solitude forcée.

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De ton passage de l'autre côté, tu réapparais

 Comme la fin de l'enfance, vivante suicidée

Ouperlent les brumes obscures de l'angoisse

Dans ton cœur blessé, qui espère et se froisse.

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Du mal de ton itinérance, bercée d'illusions veules

 Des restes de lueur scintillent dans tes cheveux

Car au fond de la mort, si tu fus toute seule

Du présent retrouvé, tu envisages la vie à deux.

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Ô météore effrité dans le coma de la matière

 La peur souterraine vrille ta vie à l'envers

Dormir pour exister, s'éveiller pour mourir

Te voilà, à nouveau, en orbite pour souffrir.

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L'imprévu

La création en littérature, le sentiment invincible devant les dangers de l'esprit que l'idée par miracle trouve sa signification dans l'étendue des possibles.

La poésie en jouant, sur les sens et consonances des mots abstraits  pour séduire cet "autre" imaginaire, illustre bien le chant des signes de notre univers intellectuel.

Passer d'un état de déséquilibre de la pensée, à un nouvel ordre logique, voilà la magie de l'écriture.

Une logique guide donc notre inspiration mais s'efface devant l'imprévu, qui la maintient.

Devant les grands systèmes de conversion des signes, on baptise cet imprévu, Amour.

L'inspiratrice


Servitude du désir, vous obligez mes gestes à la caresse,
J'aime le frôlement de vos menottes sur mes poignets,
En me liant à vos plus belles émotions de tendresse.
Voila qu’un poème s’échappe d’une feuille de papier

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Fertilité de l'écrit pour vaincre la stérilité de l'ennui,
Vous m’émancipez de votre regard vers cet ailleurs,
Ombre étirée de l'aube ou soleil de nos folles nuits,
S’esquisse, de votre aura magique, une rime de bonheur.-
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L’instant qui nous retrouve oscille entre deux pôles,

D’une part, votre douce mélodie qui enchante ma vie,

De l’autre, votre silence qui pèse sur mon épaule,

Votre trace, à la ronde des heures, me délivre l’envie.

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Il me faut défier le néant car le vide est rempli de nous,

Le vent souffle nos émotions dans une cohorte de mots

Je n’en attrape que quelque uns, choisis que pour vous,

J’espère qu’aux reflets de vos yeux, ils seront beaux

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L'absence

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L’armoire grinçante, les portes mal refermées,

Un doux parfum de fleur s’échappe d’une robe,

Me voilà, pendu à ton absence, le cœur froissé,

Les tiroirs s’ouvrent sur un vide qui m’enrobe.

Le lit se tient immobile face à mon impatience,

Je cherche ton corps fantôme, en levant le drap,

Mais, ici, ne dort que le cruel et ingrat silence

Je ferme, alors, les yeux et je te rêve, tout bas.

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Correspondance épistolaire

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Fantasme littéraire, correspondance épistolaire, attente,

Avalanche de mots griffonnés du poète et de l’amante,

Riche de rêves et d’espoirs, sublimés, dans leurs écrits,

S’échanger leur intimité dans une lettre, qui les réunit.

Au détour des phrases anodines, leur passion se délie,

Voyage, sur les lignes, des signes invisibles de l’envie,

Les cœurs, ouverts, veulent combler le manque cruel

De l’exil forcé, dans la promesse de se rester fidèles.

Griffes suggestives couronnant leur tendre communion,

L’effet magique de la lecture  ensorcelle les êtres aimés,

Comme s’ils raturaient d’une même main, leur brouillon,

Pour un courrier exhalant qu’il ne se sont jamais quittés.