La réceptivité est la clef du domaine artistique, ne demandant qu'à s'épanouir sous les coups de butoir des poètes pressés par leur histoire.

Étale tes idées comme de la peinture, la plume au vent, dessine les mots illustrés, parle-leur, ils s'harmoniseront sous la poussée conjuguée de tes doigts.

Montre-toi dans les lignes, casse, coupe, effiloche le fil de soie de tes pensées, petit à petit et à petits carreaux, construis les vitraux  de ton incorporation, puis recouvre la d'un buvard et tâche de  t'évaporer...........................................................................................................................Vite, vite, avant que l'encre noire de tes idées ne vienne éclabousser le respect des morts, ne te retourne pas devant les statues de sel de la connaissance, éponge et nettoie le tableau par l'incandescence du mot, Absence.

Sur la race de l'amour

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Je ne sais, si un jour, ma poésie rencontrera un vif succès,

Ou du moins, si publiée, elle suscitera quelques émotions

Chez les âmes sensibles à la joie et aux affres de la passion,

Mais, poussière d‘azur ne peut pas faire du mal à l’humanité.

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Projectiles contre le temps, tiraillés au fusil de ma mémoire,

Mes mots, impacts sanglants, remplis de blessures, tuent

En mémorial, les amours déçus, au fil meurtrier de l’espoir

D’assassiner définitivement la nostalgie, arme de mon vécu.

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Au combat de ma solitude, l’ennui reste mon propre ennemi,

Ma victoire, la caresse de rêve d’une femme métamorphose,

Où convergent toutes les joies et les peines, l’amour et la folie,

Un soleil de nuit, aux rais parfumés sur mon cœur morose.

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Au fleuve inspiré, mon imaginaire, faire-part froissé, invite

Les eaux bouillonnantes à réchauffer l’abîme de ma nature,

Et, à inonder mon esprit plaintif de ses murmures insolites.

Le courant m’entraîne, au vertige de ses desseins obscurs.

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L’amour est un sentiment insaisissable, engendré par la vie

Et la mort, un enfant, à l’âme épanouie, nous faisant grandir,

Réfléchissant sur son front de lumière, des horizons infinis,

L’espérance d’un juste bonheur que l’on ne devra plus fuir.

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Parole perdue

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L'homme perdu dans les profondeurs de son moi, n'offre plus

qu'une impression de vide en soi.

L'épouvantail fait un signe, les oiseaux se moquent de lui.

Prends ta tête à deux mains et fracasse le mur du silence

Un son dans un cri, un craquement sec, l'arbre a ployé sous

la chute du corps.

Sous l'orage, le tonnerre a parlé, sur la terre, un nuage a pleuré.

Dans les vases tourmentés, se noie le poison d'une fleur.

Ton enfance apatride, ta mère de sang, ton frère courage,

tous ceux là qui t'invitent à la misère.

Sur le pont, déchaussé, marchait un clochard.

Enfonce ta fourchette dans la chair froide de l'oubli

et ramène à lasurface les déchets non mâchés de l'angoisse.

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Dans les phrases fastidieuses aux noms pointus, j'aperçois

l'impondérance du mot.

Brandis ta cravache et fouette tes idées reçues.

Les mal baisés sont des mauvais pensants.

On a immolé la révolte sur l’autel de l’idéologie.

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O langage, sois mot et tais toi.!

Le fantasme est une parole perdue.

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Pèle mêle

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Pèle mêle, mots jaillis de la source profonde de la signification,

sèves jouissantes, gonflant les images trop sèches des déserts arides.

J'emboîte le mot à la marche du dire, par la coordination,

trait d'union signalisant l'attache mécanique, je formule sur la représentation synthétique du discours.

Au couloir des mots, la sortie sans fin, un après l'autre, verbiage scolastique,

les signes s'épuisent nus, l'un dans l'autre, on est, nu.

Imprévisible jouissance, ma pensée parle directement, sans travail,

spontanément dans le verbalisme inahevé ou dans le désir d'être soi,

libre dans l'imagination.

Être créateur non conforme, être joueur sans règles, être incompris sans retour, enfanter dans ma sueur, voler dans mon bonheur,mais ne pas m'arrêter d'écrire,

car, sous le regard froid de l'examinateur, les mouches cupides de l'observatoire réinscriront mon histoire en de sordides couleurs.

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La différence entre le philosophe et le fou

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Derrière le "Je" du fou, se cache un "Il" impersonnel.

Derrière le "Il" du philosophe, il y'a "Je".

Le philosophe sait élever une vision primitive à la hauteur

d'une idée abstraite, trouvant sa place au sein d'une collectivité culturelle.

Le fou ne peut penser car il est, mais en étant il est la découverte du "Il" pour le philosophe pour qui la connaissance du "Il" entraînera la connaissance du "Je".

Le fou: il dit "Je"

Le philosophe: il dit "Je" et "Il, il dit "Nous".

Le philosophe fou répond: A quel "Je" jouons-nous?

Le jugement dernier

Poète, qu'es-tu devenu?

Regarde, ici, là

Le vent, l'inconnu.

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Précieusement romantique,

Bouffon des puissants,

Ta plume mélancolique

Trempée dans le sang

Des martyrs et des amants

Témoigne aux quatre vents

Tes louanges, pauvre innocent!

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Demain, prisonnier de l'image,

Tu ne seras plus ce sage,

Qui, jadis en partage

Dans l'humaine aventure

Dévoilait les présages

De notre profonde nature.

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Tes vers illusoires,

Le destin de l'histoire

Tous ceux la qui t'invitent à la misère,

Prends peur et aies confiance,

Ta présence, ton errance,

Est comme une brise légère et éphémère,

Comme le dernier survol de l'oiseau blessé.

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Poète, dans ta cage dorée,

Tu ne sais plus chanter,

Même si dans cet harmonieux décor,

Résonne encore l'éloquence sonore

De tes derniers accords.

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Que n'écrirais-je sans vous?

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Lyrique ou bien romantique, ma plume glisse,
Qu'importe la sonorité et tous les archétypes,
Ce style jaillissant, vous offre pour esquisse,
Un reflet de mon âme, tel un miroir mystique.

J'appréhende le réel pour ne saisir que l'essentiel,
Si un ballon bleu rebondit dans un jardin d'enfant,
C'est la main d'un gamin qui s'est ouverte au ciel,
M’offrant pour inspiration les berceuses d’antan.

Je dois ma survie aux rêves qui me transportent,
Des lèvres invisibles murmurant des « je t’aime »,
Elles me guident secrètement jusqu’à cette porte,
Que j’entrouvre et donne naissance à un poème.

Fermer les yeux et voir que lumières dans la nuit,
L’obscurité de l’être a des lueursinsoupçonnées,
Brille un doux regard, là, où toute ombre me suit,
L’amour prodiguant à mon écrit l’éclat de beauté.

Je laisse parler le sentiment pour mieux le partager,
Un arrêt sur image, une chaleur inconnue m’envahit,
Votre beau sourire se profile, me conquit tout entier,
Gageant sur son indulgence pour ma tendre poésie.

Que n’écrirais-je sans vous si vous cessiez de m’aimer?
Je noircirais des feuillets de désespérances et douleurs,
Ma correspondance ne serait qu’une enveloppe lacérée,
Alors que vous la remplissez, en illuminant mon cœur
.

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Au tréfonds du coeur

Au tréfonds du cœur, il faut tordre la douleur,
Et, épancher ses pleurs en sons mélodieux,
La rime d’un poème doit jaillir de l’intérieur,
Sa tendre musicalité nous portera aux cieux.

Là, où voltigent nos doutes et nos espérances,
Offrir du bonheur dans un sonnet bien ficelé,
L’imaginaire nous invite à son pas de danse,
Et, baisse ses paupières sur nos vers froissés.

Poètes, que ramenez-vous de vos longs voyages
Un vieux trésor caché dans des troubles en pitié ?
La nature romantique frémit de vos belles images,
Mais elle se trouve bien pâle, loin de vos baisers.

Si des voix prodigieuses issues d’abimes secrets
Ivres de mal vie et agitées de tristes sentiments,
Nous invitent à suivre leur mélodieuse sonorité,
J’irais, là, où l’oreille sait les entendre en dedans.

Et, si magie opère dans tout ce trouble orchestré
L’exaltation de la souffrance changera de couleur,
Vous offrir l’émotion, seule, l’émotion reste vraie,
Sur des épines ensanglantées, une si jolie fleur !

 

Après Nietzche

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Les illusions mortes, le cerveau vidé, nous sommes légions à patrouiller d'un pas perdu le nouvel ordre de la société.

Troupeaux apprivoisés par le recul des aînés, l'alibi de la révolte devient sécurité, la violence de l'État dépressif entraîne la mort de l'idéologie, le changement sans le désordre.

 Des idée reçues, nos bagages en sont remplies, l'homme ne s'en trouve pas mieux portant, volonté d'exister dans la superficialité du moi, l'idéal humain prend à sa charge les meurtres anciens, l'histoire du pouvoir perpétue son génocide, la barbarie progresse dans la science des crimes, l'énergie cosmique récupéré par les sectes, la politique de l'homme devient l'arme privilégié des hommes politiques, le sexe comme objet de consommation, et avec la publicité, l'évasion bon marché.

 Le pouvoir du père État et de la mère Patrie se protège par la psychanalyse et les sentiments de sacrifice et de culpabilité sont les héritages de notre testament théologique.

                            Sans juges, sans Dieu,

                            Le monde se porte mieux

                            Par qui la calomnie viendra

                            De la morale, en sera le judas

                            Du "Dieu est mort"

                            Le règne, la puissance et la gloire

                                  De l'homme et de son savoir.

                                  Le messager Zarathoustra.

 Et nous, vagabond des poètes maudits pour qui, le chemin existe

 car l'humanité n'est pas encore créée, buvons à notre résurrection!

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Hommage à Aragon

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Obsession d’un poème, en hommage à Aragon,

Un arrêt sur image, chauve qui peut, qui sourit

A cette spontanéité du regard, trouble profond,

Accroché aux cheveux  d’un poète qui se survit.

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La sonorité de la rime coïncide avec le mot juste,

Bec cloué ouvrit sa gueule sur la cage de la réalité

L’oiseau blessé piaille sur les branches de l’arbuste

La mémoire déployant l’écho d’une plume froissée.

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Sur les murs invisibles où les ombres fleurissent,

Le lièvre ailé se réfugia dans un terrier grimpant.

Pour celui qui confia à Elsa sa servitude créatrice,

Ses rimes courent à ses côtés, le cœur éperdument.

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Traînant son chant de vie à la phrase de son vécu,

Sous la lune pâle, à la nuit mouillée des songes,

Jonglant  avec sa peur des mots, on l’a entendu !

Sa vérité arracha du silence la croix du mensonge.

 

Le signe du spectre

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Tout ce qui a été dit fut écrit

Et ce qui fut écrit est à redire,

L’avenir s’inscrit dans l’écrit,

Au-delà de mort, s’écrie l’écrit !

Fantôme littéraire s’inscrivant dans un bel héritage,

L’humble témoignage d’une trace de  passage.

Entend la voix du silence dans la bouche d’un mot,

Sans l’ouvrir en paroles, il n’en est que plus beau !

Pour ceux qui s’écrient que l’écrit à un avenir

Je leur crie que l’écrit doit surtout se rajeunir,

Car il était conté, une fois que l’amour, comme la foi,

Sublimait le verbe être pour mieux nous faire apparaître,

Silhouette diffuse de signes abstraits, tracé par un doigt,

J’entrouvre les guillemets d’une étrange fenêtre,

De bons ou de mauvais présages quant à devenir soi.

La faux poursuit l’arrachage de la vitesse,

Sur les lignes invisibles du destin couperet,

Folle échappée au-delà de toute ivresse,

Saisissant, au vol, l’élasticité décapitée

D’un mot arraché aux rimes de la jeunesse,

J’entends la chute d’un crâne  sur le papier.

Le crâne murmure dans un dernier soupir

Qu’importe d’être ou de ne pas être

Écrire donne à l’avenir, un devenir,

Un  signe de l’homme ou de son spectre.