La montagne du souvenir

Lorsque d'un regard brûlant, je transpercerai la montagne du souvenir, mes yeux refléteront l'angoisse ancestrale, gelée, de la mort, conquérante sur son sommet.

Terre du silence, mes larmes viendront arroser de sang l'odeur putride du temps, les regrets s'enterrent dans ma vie de poussière, mon esprit succombe à la tentation de libérer l'être du néant.

Lorsque d'un regard brûlant, je transpercerai la montagne du souvenir, mes larmes arroseront de sang, la mort "inodore" de ceux qui se sont arrêtés au milieu du chemin, rattachés par le noeud ombilical de leur naissance, en attendant sur son sommet, la mort grimace à leur chevet.

Déchirement de l'ombre, mes idées s'estompent, mes tentations me trompent, trop haut est le souvenir pour ceux qui n'ont jamais oublié, la mémoire est un rempart contre le temps, le présent est au coeur de la montagne et sur son sommet, le visage de l'absence.

Miroir de pierres, le passé est présent dans ma mémoire et je dois m'en souvenir jusqu'à ce qu'il me délivre pour les temps à venir.

À l’approche de l’aube

La communion du ciel bleu et du soleil fugitif

Et, la nuit constellée, où brûle le feu de la lune

Retrace le visage de ton absence à la brise du soir.

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Je te cherche au travers d’une lumière, sans limites,

Mes yeux rougeoient de ta chaleur qui les chauffe,

Et mon coeur se tord à saisir ton invisible présence,

Remous de ton bel amour qui ne l’a jamais quitté.

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 J'entends l'écho de ta voix dans la courbe du silence,,

Une mélodie souterraine perceptiblement optimiste,,

Tes lèvres me murmurrent des promesses de bonheur,,

 Reprises par ton ventre arrond, à l'approche de l'aube.

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La récréation

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De ma fenêtre ouverte,

J’entends les enfants crier.

Nuées de papillons égayés,

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Un ballon rouge retentit dans ma tête.

De ma chambre verte,

J’entends la maîtresse aboyer.

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Sautent les moutons à cloche pied

Les piaillements de l’enfance que l’on regrette.

Dans ma mémoire ouverte,

J’entends le loup hurler.

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Colin-maillard cache sous le préau ses secrets,

La marelle fait sa cour aux jeunes amourettes.

De cette jeunesse offerte,

Retentit le sifflet,

Fin de la récré.!

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Mensonges de libeté

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Nous avons habillé nos mémoires d’un tissu épais de mensonges

Pour recouvrir toutes ces luttes absurdes, en idéal de liberté !

Idéologie, ton bel étendard s’est coagulé de tout ce sang versé

Par tes enfants, s’offrant à la fausse promesse de ton songe.

L’histoire n’est plus que successions de règnes inachevés,

De révolutions usurpées, annonciatrices de grand malheur.

L’homme, prédateur de l’humanité avance toujours armé,

Pour détruire cet « autre » lui-même qui lui fait si peur.

Pour combattre l’ennui au paradis nous créons notre enfer

La femme, qui nous a été offerte, nous la faisons adultère,

Désespérance de l’amour, nous lui préférons la guerre,

Violer, mutiler, piller, nous sommes préparés à le faire.

Mais si ce que l’on nous avait appris n’était qu’un leurre,

Que tout ce qui a existé n’est qu’un fantasme meurtrier,

Une apparence ancrée dans notre universelle conscience,

Que l’amour engendre la haine dans notre inconscience.

L'amour d'aimer

En humant sur ta peau, le parfum de mes visions

Imprégné de ton odeur de rêve, tes confidences

Chargées des blessures de ta petite enfance,

Guident mes vers, exaltent mon inspiration.

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Étrange excitation qui m'anime en fleuve irrésolu

De me laisser glisser dans le cours de mon amour,

Naviguer sur les eaux houleuses de ta peur du jour,

Sur le lit de tes non-dit enfouis et violences vécues.

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A quand bien même, mon existence se serait fuie

Des vicissitudes charriées par ton attraction mortelle

Je butine, immolé aux jardins suspendus de ton ciel,

Ton miel magique, nectar voluptueux de ma poésie.

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La fuite du temps dans le sourire de tes lèvres

Enveloppe mon pas errant, possédé de cette fièvre

De vouloir te reconquérir et t'offrir du présent

Mon plus précieux et inestimable des sentiments

Étoile traçante, oscillante au gré de ses humeurs,

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Joli rai de lumière, qui s'éclipse de mon coeur

Quand tu m'auras quitté, illusion de beauté,

Je ne confondrais plus l'amour et l'amour d'aimer.

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Désir de puberté

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Ainsi triomphait le sort de ma ferveur première

Pour n'avoir su éteindre l'incendie meurtrier

Qui réchauffait mon sang d'une audace guerrière..

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Puberté perverse d'un futur toujours renouvelé

Te combattre dans ta chair et jouir de cette pensée

Éternel adolescent devant ton ombre magicienne

Prompt à s'exalter pour que le désir revienne.

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Que de naïfs baisers furent déposés ainsi dans le secret

Gardant jalousement l'initiative des soirs

Frémissant à la pensée, là, où je caressais l'espoir

Que tu acceptes enfin de devenir ma femme.

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Cinéma

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Spectateur et  figurant complice de notre double

Acteur, dans le synopsis de la condition humaine,

Nous déroulons la  pellicule de notre destinée,

Nous, nous faisons notre propre cinéma,

Vision insensée, qui découpe la vie,  

Sur l’amorce noire d’une réalité surfaite.

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Je, est cet « autre » projeté sur l’écran

des fantasmes du moi,.

L’image en mouvement est un voyage temporaire,

Dans la fugace vérité de savoir que

Toute histoire s’achève par le mot fin,

Mais le spectacle reste permanent,

Silence, on tourne !

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Fleur de cristal - poesies alain Meyer-Abbtucci.

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                             Vos boutiques Mariage

L'amer resentissement

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Nul orgueil expié ne saurait racheter

Cette fierté qui a su si bien nous séparer.

Pourtant, en embrassant les lèvres de ton absence,

Vois comme la chair stérile habite ton sein de pierre ! 

S'il en était de nos gestes d'amour une douce communion,

Ne me reste plus que l'étreinte fugace d'une amère sensation,

Tant te revenir me manque, tant me manque ta présence,

Puisant dans mes remords, l'insoutenable patience.

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Au caroussel de mon destin

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En attendant ma fin certaine,

Je tourne la vie la tête en bas.

La naissance devient ma mort,

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Ma mort, ma naissance prochaine.

De l'amour, une nouvelle aurore,

Vivre toujours plus fort

Notre manège à deux, ici-bas

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La grippe

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Un vent d’air froid a envahi mon intérieur,

Saisissant mon corps d’une fièvre glacée,

Me plongeant dans une étrange torpeur.

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Je n’ai pas su protéger sous un tissu épais

-L’indécente nudité de mon âme dépouillée,

Et le poison de l’hiver m’a pris en grippe.

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Suinte l’odeur de tous ces médicaments,

Ondées de sueur échappées de mes pores,

La maladie me fragilise comme un enfant.

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Dans mes yeux rougis, les larmes forgent

Une plaie ancrée à tous mes frémissements,

Les mots desséchés brûlent dans ma gorge.

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Je survis aux crampes qui m’agitent,    

Fuir la douleur jusqu’à l’épuisement,

Mais j’étouffe de trop de pesanteur.

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Grand Froid

S'il existe des soleils qui éclairent les hivers,

Il y a aussi des hivers, les yeux grands ouverts,

Qui de la chaleur s'éloignent, solitaires,

Toujours plus loin, dans l'immensité polaire.

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Ainsi déboussolé, en quête de ton Grand Nord,

Même en dessous de zéro, je t'aime encore,

Mon amour ne pouvant rester de glace,

Au souvenir d'antan enrobé  de ta  grâce..

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Si la neige résiste seulement au froid,

Sous une pluie de flocons, je me fondrai en toi.