Offrir le plus beau de soi même dans un poème

Le reflet irisé des fleurs recèle des pétales d'ombre

La manière pour un poète de dire qu’il vous aime

Remède au désespoir lorsque tout semble sombre

Ma vieille lune de cendre-

Éternels voyageurs de nous-mêmes
On a enterré dans le silence de la nuit,
La fureur de notre passion extrême.
Je frémis de ce mal qui nous poursuit.
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Si le soleil s’est figé sur des amours déçus,
Là, où soupire ma vieille lune de cendre, 
Le fantôme de son chant ne s’est jamais tu.
Je frémis de plaisir à l’entendre
Sous le signe du lien invisible,
Au perpétuel sourire charmé, 
Qui unit notre destin indivisible .
Je frémis de plaisir à t’aimer.
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Le soupirant

J’ai vu le vent souffler mon émotion,

Mon esprit n’est plus ému, il s’incline

La rage s’est muée en triste abandon,

Me voilà, anéanti, broyé par le spleen.

L’oiseau qui soupire aux souvenirs,

Dernières pirouettes de l’alouette,

Un petit tour puis s’en va mourir,

Qu’ils sont loin, les jours de fête.

J’ai voulu croire à tous les espoirs,

Egarement d’une âme généreuse,

Mais la réalité est une pierre noire,

Caillou d’une nature malheureuse.  

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L’oiseau qui soupire aux souvenirs,

Dernières pirouettes de l’alouette,

Un petit tour puis s’en va mourir,

Qu’ils sont loin, les jours de fête.

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Pour quels yeux plein de mystères,

J’ai déshonoré une noble pudeur,

Petit poucet perdant ses repaires,

Se larmoie d’avoir froissé un cœur.

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L’oiseau qui soupire aux souvenirs,

Dernières pirouettes de l’alouette,

Un petit tour puis s’en va mourir,

Qu’ils sont loin, les jours de fêtes.

Hommage à Novalis

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Novalis, perle précieuse du romantisme,

Prince des poètes arrachant le mutisme

À la transparence du ciel de la nuit.

Bleu, l’azur de sa vision d’amour infini.

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Candeur de l’âme, espérance de vie éternelle

Feu de jeunesse refusa de se flétrir  à la rime,

Douleur de vivre sur une berge irréelle,

Sa mort, prématurée, fut son plus bel abîme.

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Son verbe Germain a la candeur de l’écrin,

Ses hymnes à la nuit, une aspiration à la mort

 Ceux qui aiment avec douleur, son refrain,

L’humanité ressuscite dans sa coupe d’or !

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Improvisation

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Laisse tes mots  refléter l’éphémère instant,

Là, où la pensée pirouette,

Sans décor et sans filet,

Au cirque de se perdre dans une vérité incertaine.

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Subtile habilité de l’esprit,

La phrase, alors, détournée

Manège ses effets,

Pour un striptease improvisé.

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Dépouillement sublime,

La création exige l’impudeur,

Se mettre nu devant le regard,

Miroir d’éternité pour des yeux sincères,

Miroir d’alouettes pour des yeux incrédules

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Chant sous la lune

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De tes lèvres sensuelles, bouche adorée,
Suaves fruits exotiques, où l’on savoure
Toute la fraîcheur abritée dans son palais,
Renaît dans ton baiser mon unique amour.

De tes seins florissants, femme prolifique,
Tendres ornements de ton impudique nature,
Voletant par ci, par là, où ton cœur palpite,
J’entends dans le joli val, qu’ils susurrent
Au secret de ton âme, une promesse magique,
Ton amour pour moi ne sera jamais parjure.

De ton corps de déesse, formes rêvées,
Délicieusement élastiques et d’or pâle,
Exhalant de sa peau un parfum opiacé
Je l’adore, éperdu de sa sensualité vestale
Et dépose à son autel ma passion affolée.

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Rhume d'amour

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C'est au fond de l'abime que l'on découvre peut être l'amour sublime,
Et, cette souffrance que l'on porte en soi et qu'il nous faut exorciser,
Notre regard sur ses yeux, notre bouche qui s'entrouvre sur un son muet,
On voudrait crier face à ce qui se dérobe mais l'écho n'a plus de rimes.

L'être aimé est devenu sourd, au loin, la cascade bruissant du quotidien,
Affluent fiévreux, on se consume dans la cendre froide de nos souvenirs,
Et, tous ces gestes qui s'envolent, comme la caresse du café d'un matin,
Même si l'espoir porte son défunt, on croit encore que passion va revenir.

Seul, nous nous retrouvons, saisir enfin toute la portée de l'amour vrai,
Cette distance qui nous ressemble et qui aujourd'hui perd tout son sens,
Pauvre de nous mais riche en soi, de poèmes en poèmes, allons chanter!
Nos plumes, à l'encre de nos larmes toucheront du doigt notre existence.

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Manège désenchanté

Crinières évanescentes à l’humeur enjouée de l’innocence,

Des silhouettes familières, hennissantes, tournent en rond,

Rebondissantes sur les chevaux en bois de mon enfance,

Un manège sur l’extase berçant le rêve d’un petit garçon.

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Les ombres sont devenues menaçantes, le ciel s’est obscurci,

Des nuages stériles de férocité ont déversé une pluie noire,

Les jeunes cavaliers balancent leurs espérances meurtries.

Le carrousel grince sur les pomponsun cercle de désespoir

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Triste carnaval sur l’air de fières petites culottes infantiles

Les catacombes fourmillent des éclats de rire poussiéreux

De ces gamins harnachés, aux flancs de montures dociles,

Perdus dans la tourmente, arrachés à un ventre peureux.

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Dans ce frêle sommeil, vos sens encore en éveil

Ont étiré ma nuit sur des caresses languissantes,

Ivresse captive d'une pluie de feu éblouissante,

L'aube s'est consumée au tic tac de votre réveil.

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D'où vient un poème?

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J"avance dans le brouillard de mes mots,

Au loin, une cohorte d’images prend d’assaut mes pensées et je trébuche sur une interrogation ?

D’où vient un poème ? nul ne le sait !

Telle une inspiration qui nous pénètre, une voix murmurant des mots secrets, on les écoute en dedans, on essaye d’en saisir la profondeur et d’en extirper l’essence.

Soudain, un grand silence !

Si les voix se souviennent du monde avec désir, elles  soulèvent les masques funèbres pour nous offrir un autre visage et le cœur tremblotant, illusion puissante, elles nous restituent notre présent..

Je souffre de vous aimer.

Et, si le souffle de la vie est poésie, la douleur en est moins dure